Barre des Ecrins face sud voie Diagonale

Comme des gens, il est des voies qui mériteraient d’être plus connues!

En face sud des Ecrins 4102 mètres, la voie Diagonale D+ (!) 1500 mètres est la plus grande voie de France. Première solitaire Karékine Gurékian le 03 septembre 1942.

Cette voie consiste à combiner :
– l’éperon de base ouvert par Raymond Leininger, Jean-Antoine Morin, Georges et Jean Vernet le 26 août 1936
– un bout de la voie Reynier ouverte par Auguste Reynier, Maximin Gaspard et Joseph Turc le 09 août 1893. Première solitaire de la voie Reynier Karékine Gurékian le 27 juin 1942.
– sortie Diagonale ouverte par Edouard Frendo et Paul Héraud le 25 août 1941.

Avec Olivier et Laurent nous l’avons gravie en 16h le vendredi 08 septembre 2017.
Merci à CampToCamp pour cet excellent tracé :

Jeudi 07 septembre nous quittons le Pré de Madame Carle 1874 mètres pour aller bivouaquer en haut de la moraine du Glacier Noir au lieu dit des Balmes de François Blanc 2445 mètres :

La face sud des Ecrins se déploie devant nous :

Au soleil les 1000 mètres de la face nord du Pic Sans Nom 3913 mètres :

Derrière-nous la caractéristique moraine du Glacier Noir et en bas le Pré de Madame Carle :

Faces nord du Pelvoux 3943 mètres et du Pic sans Nom 3913 mètres. A droite le Pic du Coup de Sabre 3699 mètres :

Autour de ces gros cailloux divers possibilités de bivouacs s’offrent à nous :

Les 1500 mètres de la face sud des Ecrins sont littéralement écrasants!
De cette paroi Gaston Rébuffat disait qu’on se sent : « noyé, ballotté, renvoyé d’une vague à l’autre, dans une immense masse de pierre »!

Après ce bon bivouac :

Nous commençons l’ascension au lever du jour.
L’attaque est assez simple à trouver…il suffit de partir de tout, tout, mais alors tout en bas!

Rapidement on s’approche d’une première cheminée cotée IV…visible tout à droite de la photo :

Laurent et Olivier à la sortie de la cheminée, une petite dalle que nous avons trouvé plutôt 5a/5b :

Au-dessus de nous les mots de Gaston Rébuffat résonnent en nous, environ 1350 mètres nous séparent du sommet et ça se voit que c’est loin :

Sur quelques centaines de mètres l’ascension présente un terrain peu difficile à l’assurage quasiment inexistant :

Puis au sommet du 1er éperon l’escalade recommence.
Avant d’atteindre la grotte, petit pas de IV avec un piton :

Le ressaut de la Grotte présente une section raide et grimpante :

Puis une courte section roulante :

Un ressaut raide nous offre la possibilité « d’ouvrir » une petite variante directe en 5b/5c :

Chouette de la belle escalade bien raide :

Petit à petit au prend de la hauteur :

Enfin quand on regarde vers le haut nous comprenons bien que nous avons encore de quoi nous occuper…

Une nouvelle courte zone facile nous amène au magnifique éperon rouge bien visible de très loin.
Du IV, normal, joli, roulant, aérien et sur du rocher plutôt pas mal :

Au sommet de cet éperon rougeâtre on rejoint la zone des Terrasses Reynier et la voie du même nom :

Une zone facile hormis la cheminée en IV+…orientée Est avec de la neige on ne décotera pas!

Au sommet de la cheminée après un bon combat…
Toute cette neige, je me pèle bien, il est temps de changer de tenue :

Au-dessus de nous la face est étonnamment raide :

La voie Reynier part sur la droite, alors que nous suivons la voie Diagonale Frendo – Héraud 1941 qui redescend un peu pour partir en diagonale à gauche :

Au-dessus de nous c’est franchement impressionnant :

Nous voie suit les bandes de neige avant de louvoyer au moins raide.
Nombreux passages de IV bien soutenus voire un peu plus si affinités…

Une fois sortis du plus raide, d’autres éperons infinis renvoient à la citation de Gaston Rébuffat :
« noyés, ballottés, renvoyés d’une vague à l’autre, dans une immense masse de pierre »!

Dans le dernier cirque sous l’arête faîtière nous avons un peu traversé à gauche puis nous sommes sortis en 2 longueurs, un renfoncement qui se transforme en cheminée, du bon IV histoire de rester dans le tempo!

22h30, après 16 heures de grimpe dans la paroi nous touchons la croix…Pour la vue on repassera!
L’eau commence à geler dans les gourdes, il est temps de déguerpir.

Le lendemain le mauvais temps est là dès 09 heure du matin au lieu du début d’après-midi prévu…
Nous avons bien fait de pousser et terminer sans bivouac!

Merci à Laurent et Olivier pour cette aventure bien complète où encore une fois le mot engagement prend tout son sens!

Petit clin d’oeil sorti de derrière les fagots! Été 1990, sommet des Bans après le couloir nord, de gauche à droite :
Stéphane Benoist, Jean Capitant, Olivier et Laurent Morisot.
Toute une époque!

 

Il reste 2 commentaires Aller aux commentaires

  1. Morisot /

    Toute une époque effectivement !
    On revient de loin tous autant qu’on est
    Une aventure sublime, grâce à toi encore !
    Vive la montagne et vive le gang des cocheurs, qui récidive avec persévérance et délectation encore et toujours…que ça dure avec autant de bonheur, c’est tout ce qu’on demande

  2. Olivier Morisot /

    Merci Stephane de nous emmener vivre de telles aventures, sans en prendre la responsabilité !

    La montagne était trop grande pour moi, à moins que ce ne fut moi qui était encore trop petit (disait l’ami Georges L.)

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