Dolomites Crozzon di Brenta SuperMaria ED- 900 mètres

Mercredi 04 septembre 2019, dans le cadre du stage final de la formation de Guide de Haute Montagne, avec Florent Nicoud, Rémi Périnet et Jean-Baptiste Tapie nous avons eu l’immense bonheur de parcourir l’extraordinaire voie SuperMaria en face Nord-Est du Crozzon di Brenta 3135m.

Cette voie exceptionnelle, ouverte par Ginella Paganini, Lorenzo Iachelini et l’immense grimpeur italien Ermanno Salvaterra l’été 1987, offre de nombreux passages dans le 6a/6a+, une longueur en 6b et une en 6b+, quelques courtes sections sont exposées dans le niveau 6a. 3 jeux de friends utiles…
A noter qu’Ermanno Salvaterra a dédié cet itinéraire à sa grand-mère paternelle.

Florent dans la 11ème longueur de notre topo en fin d’article, vient de franchir un des courts passages exposés en 6a/6a+ :

Le tracé de SuperMaria au Crozzon di Brenta :

06h30, nous sommes au départ de la voie au point du jour :

Après avoir grimpé les premiers gradins en III, Rémi se lance dans la seconde longueur, une raide et superbe fissure en 6a+ :

Après une géniale et improbable L3 en 5b, Rémi dans L4 franchit directement une dalle pas facile à protéger, 5b/c :

Une succession de gradins raides en III/IV, quelques fissures cheminées à gauche de l’immense dièdre Aste, nous mènent au pied du mur! Départ droit au-dessus de la lunule.
A noter que le Pilier des Français ouvert par Dominique Leprince-Ringuet et Jean Fréhel en août 1965 se situe quelques mètres à gauche.
Comme avec Rémi nous nous sommes égarés, c’est Florent et ici Jean-Baptiste qui prennent la direction des opérations! D’après le topo un V+ UIAA, qui devrait donner un modeste 5b français.
7ème longueur de notre topo, nous ramenons cette longueur d’anthologie à un vrai bon 6a de 45 mètres entièrement à protéger sur friends :

L8 et seconde longueur dans le grand mur, rebelotte un modeste V UIAA sensé donné un 4c/5a français… mais en réalité c’est reparti pour une errance totale de 45 mètres dans un superbe mur en 6a :

Toujours dans la 8ème longueur mais vue de dessus, un peu déçu par les photos qui n’expriment pas bien la qualité exceptionnelle de l’escalade et de l’ambiance :

Dans notre dos la vue est superbe, nous avons de la chance c’est une des plus belles journées de l’été!

Implacable, au-dessus de nous le mur ne semble jamais finir :

R9, une bonne vire nous permet de souffler :

L10, 5c, où nous franchissons la première section exposée :

L11, 6a présentant un départ exposé au-dessus de la vire de relais :

L12, 6a+ en facteur 2 au-dessus du relais…encore et toujours de la très belle escalade où on se sent seul au monde :

L13, une des longueurs les plus improbables de toute la voie… pas vraiment de ligne de progression, absolument aucun point en place et sans être franchement mauvaises, les protections sont difficiles à mettre en oeuvre et paraissent pour la plupart médiocres, 6a++.

Bravo les guides que la Force soit avec vous… d’abord Florent :

Puis Rémi affronte cette longueur « impegnativa » comme disent nos amis transalpins :

R13 sur une vire-strate sous un surplomb. L14, 6b à verrous de poings…

Rémi à la sortie du surplomb marqué de L14 :

R14, sur une banquette « perchoir » puis L15, 6b+ sur un superbe rocher :

La lumière décline… :

Jean-Baptiste a juste le temps de gravir la dernière longueur dure avant la nuit. Malheureusement ce ne sera pas le cas pour la seconde cordée et je dois affronte ce bon 6a pas facile à protéger à la frontale…

Ensuite nous terminons les 350 derniers mètres en IV/IV+ pour arriver au précieux refuge-bivouac Ettore Castiglioni au sommet du Crozzon di Brenta à 23h30, après 17 heures d’ascension. Quelle aventure géniale!

Nous avons de quoi festoyer et les cordées du stage de Guide sorties avant nous par le Pilier des Français ont eu la bonne idée de nous indiquer une flaque d’eau claire pile au sommet. Après une telle ascension rien de mieux pour finir de combler des alpinistes heureux.

Ce petit refuge-bivouac Ettore Castiglioni offrant 4 places, 5 avec un matelas au sol, a été monté à dos d’homme!
Au petit matin quel bonheur incommensurable de profiter du lever de soleil :

Un rappel de 15 mètres pour quitter le sommet du Crozzon di Brenta et c’est parti pour la traversée jusqu’à la Cime Tosa 3173m, point culminant du massif de la Brenta, d’où commence réellement la descente!

Le refuge-bivouac Ettore Castiglioni au sommet du Crozzon di Brenta :

La traversée jusqu’à la Cime Tosa se déroule dans un décor surréaliste :

Il faut compter 1h30 à 02h jusqu’à la Vierge au sommet de la Cime Tosa :

Encore un peu de neige sous le plateau sommital de la Cime Tosa :

Le plateau désertique au sommet de la Cime Tosa est complètement exotique :

Le plus curieux étant ce petit lac totalement inattendu :

Un peu avant le lac prendre à droite, nombreux caïrns :

Un peu de désescalade et un rappel de 25 mètres conduisent sur un bon sentier de randonnée et au refuge Pedrotti, 1h30 à 02h :

Le refuge Pedrotti 2491m :

La face Nord-Est du Crozzon di Brenta, SuperMaria se déroule sur le raide pilier sur la droite de la paroi :

Le refuge Brentei 2182m d’où nous sommes partis la veille :

Le Crozzon di Brenta vue de la route un peu avant Madonna di Campiglio :

Notre topo à prendre en complément des topos décrivant la voie :

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