Traversée des Drus

Samedi 27 août 2016, avec Jérémie et Laurent nous avons gravi les Drus par la traversée Petit Dru 3733 mètres – Grand Dru 3754 mètres.

La première ascension du Petit Dru réalisée le 29 août 1879 par Jean-Estéril Charlet-Straton, Prosper Payot et Frédéric Folliguet a marqué l’histoire de l’alpinisme. Véritable muraille aux passages parfois sévères…dans cette ascension modestement cotée D, on a plutôt le sentiment d’être dans un itinéraire plus difficile…

Sans aide extérieure, la traversée proprement dite du sommet du Petit Dru au Grand Dru a été réalisée le 06 septembre 1903 par Joseph Ravanel, Armand Comte et Etienne Giraud qui trouvèrent le passage du Z.

Peut-être moins connue car pour ainsi dire plus utilisée de nos jours, la voie normale du Grand Dru a aussi été une grande première, réalisée le 12 septembre 1878 par Clinton Thomas Dent, James Walker Hartley, le mythique Guide Alexander Burgener et Kaspar Maurer.

La traversée Petit Dru – Grand Dru vue la veille du refuge de la Charpoua :

Départ du Montenvers, 1903 mètres :

Les Drus sont dans les nuages, aujourd’hui nous ne verrons pas la grandiose face ouest :

Petit à petit la Mer de Glace se transforme en glacier noir…
Au fond la face nord des Grandes Jorasses :

Les échelles se rallongent…

On pense que les refuges ne bougent pas…ce qui est complètement faux!
Par exemple pour atteindre le refuge de la Charpoua, du Montenvers, la Mer de Glace rapetissant il faut descendre plus bas, sans compter le détour que le nouveau chemin fait faire. Tout ça démontre sans conteste que certains refuges s’éloignent, et ce d’année en année!

Cela reste encore bien agréable de déambuler dans cet univers magique :

Avec le bruit caractéristique des chaussures qui crissent sur la glace :

Finie la glace.
Question échelles, avec le nouvel itinéraire de la Charpoua on est servis!

Enfin au moins on prend rapidement de la hauteur et la vue sur Grépon et Charmoz est superbe :

En haut des échelles on retrouve de sympathiques pelouses alpines :

La vue devient de plus en plus belle, à gauche la Dent du Géant 4013 mètres et au fond le Mont-Blanc 4810 mètres

Et enfin le refuge de la Charpoua 2841 mètres!
Bâti originel construit en 1904 et toujours en service, il va sans dire que c’est un des plus vieux refuge des Alpes :

Le lendemain matin après avoir perdu 1 bonne heure à chercher l’itinéraire sur le glacier, nous voilà vraiment parti :

06h30, le jour se lève c’est merveilleux :

Notre rythme d’ascension est plutôt correct…il faut adapter la tenue vestimentaire :

La muraille de la face sud-ouest du Petit Dru :

Pour l’instant on continue en corde courte :

Au pied de la partie raide nous changeons l’encordement.
On en profite pour jeter un œil à la face nord des Grandes Jorasses :

Les choses sérieuses commencent :

Rarement longs les passages sont souvent entrecoupés de bonnes vires.
Ils ont beau être plutôt courts il faut quand même les franchir car c’est un style d’escalade sans concession :

Sous nous les Flammes de Pierres :

Dans ce dédale il faut faire attention de suivre scrupuleusement les indications du topo :

Dans notre dos la vue est géniale :

La paroi semble devenir toujours de plus en plus raide :

En dessous aussi c’est raide…
Joli emplacement de bivouac perché!

Un peu avant le sommet du Petit Dru l’itinéraire se met à zigzaguer sur d’étonnantes vires :

Vient le dernier bastion du Petit Dru :

Cet ancrage historique nous indique que nous sommes dans la voie :

ça grimpe franchement :

Juste sous le sommet du Petit Dru on peut observer le désormais tout proche Grand Dru :

C’est bon Jérémie elle est bien fixée!?

Du sommet du Petit Dru la vue est forcément fantastique!
Ici en regardant vers la face nord des Grandes Jorasses et la Dent du Géant :

Là vers l’Aiguille Sans Nom 3982 mètres et le Grand Dru :

La Brèche des Drus :

Et oui pour atteindre le Grand Dru il faut grimper ça le fameux Z :

Relais plus pendu que dans la montée au Petit Dru :

Raideur étonnante :

Juste sous le sommet, on pense que ça devient plus facile et c’est là que se cache la cheminée de sortie du Z…

Sommet!

Le Petit Dru vu du sommet du Grand Dru :

Pic Sans Nom 3791 mètres et Aiguille Sans Nom :

C’est parti pour la descente :

Après une longue série de rappels on arrive sur le raide glacier de la Charpoua :

On tente un compromis d’encordement entre gestion du risque de glissade et celui de chute en crevasses :

En fin de saison le glacier de la Charpoua passe bien malgré sa piètre allure :

Lentement mais sûrement la météo tourne…
Nous avons mis un peu plus de 12 heures pour faire la boucle :

Pic sans Nom et Aiguille sans Nom vus du refuge de la Charpoua :

Ce soir c’est la fête à la Charpoua!

Sarah fête la fin de saison :

L’orage nous chasse à l’intérieur dans l’unique pièce du refuge.
Une pensée émue pour la cordée qui a été bien plus lente que nous et qui bivouaque!!

Le matin après la grasse mat’ soulagés nous les avons vu sortir sur le glacier.
De notre côté nous quittons tranquillement ces lieux sauvages :

L’année précédente nous étions sur l’enchaînement Subtilités Dulfériennes – Pic de Roc – Grépon, une aventure inoubliable que ce paysage nous rappelle avec bonheur!

Les longues échelles nous ramènent à la Mer de Glace :

De retour au Montenvers un dernier coup d’œil à ces fantastiques Drus.
Merci à Jérémie et Laurent pour ces 3 jours géniaux!

3 réflexions au sujet de “Traversée des Drus

  1. Il est beau ton compte-rendu : ça valait le coup d’attendre !
    J’ai hâte de lire celui de cette année du coup ^___^

    Pour en revenir à cette montagne des Drus : je l’ai trouvé vraiment trouvé très très impressionnante et vraiment peu aisé d’accès…Une sacrée belle course que nous avons faite là, avec la pression météo qui faisait qu’il fallait pas du tout se manquer !
    Passeque moi, un orage comme celui qu’on a eu au refuge le soir, je veux surtout même pas penser à me le prendre sur le coin de la gueule au détour d’un rappel…BÔBÔBÔ
    Tu as vraiment bien assuré sur ce coup : un peu comme à ton habitude on va dire ^__^

    La bise, et mort aux angiomes des cavernes surtout !

  2. coucou, si je comprends bien, le récit de l’année précédente que tu evoques c est celui qui est dans « les plus belles courses des plus grands alpinistes » qui vient de sortir ? mais c’est qui ce Jérôme Lhuissier alors ❤️?

  3. Bonjour Olivier,

    merci pour ton message. Ton œil attentif voit juste, je parle bien de cette course!
    C’est moche, dans son ouvrage les plus belles courses des plus grands alpinistes, Jocelyn Chavy s’est trompé, il a travesti Jérémie en Jérôme. Je ne me souviens avoir été sollicité pour une relecture…

    Stéphane.

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