Mont Blanc du Tacul, Traversée des Aiguilles du Diable

Dimanche 29 mai 2022, avec Cédric, direction Chamonix. Pour une première dans le massif du Mont Blanc, Cédric a choisi un beau morceau avec la traversée des Aiguilles du Diable pour atteindre le Mont Blanc du Tacul. Une course côtée D+ avec des passages d’escalade en grosses déjà bien coriaces. La course a été faite une fois cette saison d’après l’OHM, les prétendants ont fini de nuit à cause de la quantité de neige présente sur cette course rocheuse. De grosses chaleurs depuis et un bon regel annoncé nous encourage a rester sur l’objectif.

La veille au soir, le vent qui va de pair avec le froid annoncé ce wend est déjà bien présent. On sort quand même l’immortaliseur, la vue est trop belle du refuge des Cosmiques. Petit coup d’œil sur la descente du Tacul et on file vite au lit, la nuit va être courte.

Levé 1h, avec pour objectif d’attraper la benne du soir. C’est que Cédric bosse le lendemain ! La première partie de la course consiste à faire tout le tour de la montagne que nous allons gravir … La nuit est très sombre et il faut faire gaffe où l’on met les pieds surtout autour de la zone crevassée au pied de la Pointe Adolphe Rey. Nous la contournons par l’Est, conformément aux conseils des gardiens, pour rejoindre la trace de Torino. Le regel est bien de la partie, gage de sécurité et de confort, c’est trop bon, on flotte sur le glacier du Géant.

On avance vraiment bien de nuit, les cordées de la Kuffner sont déjà sur l’arête alors que nous passons la rimaye du couloir qui doit nous conduire au col du Diable. Cette pente de neige est fourbe et je me fourvoie un instant induit dans l’erreur par l’obscurité, la présence de rocher barrant notre progression et la distance prise avec la lecture du topo et le GPS. Nous revenons sur nos pas pour trouver la faille dans le passage en rocher et on finit par tomber sur un anneau puis le couloir neigeux final. Le jour se lève tranquillement et nous arrivons au col vers 5h15, 3h30 après notre départ.

La récompense est immédiate, les premiers photons colore le ciel du massif et la vue est splendide de la Verte aux Jorasses. On observe déjà un peu l’instabilité en basses couches conformément aux prévisions, instabilité qui est censée ne pas dépasser les 4000 m. Ca tombe bien, on y est déjà nous à 4000 ! Côté vent, pour l’instant, pari gagné. On est à l’abri, de temps en temps une porte claque et on prend une bouffée d’air frais, pas grand chose au regard des 60 km/h annoncé versant N.

Du col, on progresse d’abord dans une série de pentes mixtes faciles jusqu’au premier passage raide. Bonne nouvelle, il est tout sec ! Malgré l’arrivée des premiers rayons de soleil, chacun a le droit à la classique onglée matinale. Que du bonheur ! La fissure en 5b grimpe franchement et il vaut mieux avoir fait son petit stage à Annot pour évoluer en presque sérénité.

Ca se calme un peu sur la suite et Cédric sort la cordée au sommet de la Chaubert (4074 m), une mer de nuage nous entoure à présent, pour une ambiance molletonnée.

Quelques rappels gazeux plus tard, nous voici au col séparant les Pointes Chaubert et Médiane (4097 m). Le cadre est grandiose au milieu des flèches de granite !

L’escalade de la Médiane est exceptionnelle, avec le Maudit et le Mont Blanc en ligne de mire … Le rocher est excellent dans un dièdre en 5a parfait que nous grimperons corde tendue.

Pour arriver au sommet de la Médiane, l’itinéraire est astucieux et l’on a la chance de grimper une courte offwidth chamoniarde où c’est toi le coinceur ! Ci-dessous la cordée d’allemands qui nous succède dans la boîte au lettre de la Pointe Médiane.

Mais pour l’heure, c’est Cédric qui en descend par un unique rappel de presque 30 m.

Nous voilà au pied du 2ème crux de la course, un petit passage en versant N qui a du mal à se débarrasser de la neige et de la glace. Plusieurs options envisageables et il faut être un peu roublard pour décrypter la montagne. Je m’attache à proposer à Cédric quelques traversées aériennes pour générer en lui quelques sensations caractéristiques de l’activité.

Un petit pas en écart, les grosses pied à plats sur 2 pans verticaux surprennent un peu mais Cédric est bien vite au relais. Belle efficacité, et un petit selfy avec le retour du soleil.

La suite est plus facile mais toujours aussi gazeuse. On lévite en apesanteur, les cumulus sont restés bas et on profite d’une météo parfaite. On se caille un peu les miches dès qu’on est à l’ombre mais sans plus.

A l’ombre, on y est justement en préparant les rappels de la Carmen (4109 m), et il s’en faut de peu pour qu’on sorte la doudoune. Au pieds des rappels, on enfile les crabes. La course devient mixte et on décide de zapper l’Isolée pour tenir l’horaire.

La fin de la course est magique, on dépasse maintenant les aiguilles que nous avons parcourues. On grimpe tantôt en mixte, tantôt sur des pentes de neige.

Cédric commence à ressentir les effets de l’altitude et d’une petite hypoglycémie. On décide de faire une bonne pause. L’horaire le permet.

Les dernières sollicitations de cuisses et d’adducteurs sont pénibles mais l’on parvient à s’extirper du versant SE du Tacul pour sortir au sommet.

Il est midi lorsqu’on nous atteignons la calotte sommitale. Le vent de NW a bien faibli et nous savourons ce magnifique sommet très central dans le massif.

Il nous reste 5h pour atteindre l’Aiguille du Midi et se ruer sur le burger, ça devrait le faire !

Une superbe course avec Cédric, bravo pour le 0 – 4248 m en deux jours sans acclimatation et sur un itinéraire bien accidenté ! Une première expérience dans le massif qui en augure de belles autres … !

 

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