Mont-Blanc par l’aiguille et le dôme du Goûter

Du 25 au 27 juin dernier, nous avons profité d’excellentes conditions pour gravir les 4810m du toit de l’Europe occidentale. Nos deux compagnons du moment ont enfin pu concrétiser ce beau projet maintes et maintes fois avorté.

Paysage et ambiance irréels au sommet de l’aiguille du Goûter (3863m) :

Le premier jour nous embarquons dans le téléphérique de Bellevue aux Houches. Au terminus de celui-ci, c’est par les rails mais à pied que nous rejoignons le Nid d’Aigle (1h10 à allure modérée). Le fameux tramway du Mont-Blanc n’a pas encore entamé sa saison estivale.

Au-dessus du Nid d’Aigle, au niveau de la baraque forestière des Rognes, une vieille étagne solitaire prend  la pause volontiers devant la face nord de l’aiguille de Bionnassay (4052m) :

Nos deux aventuriers prennent la pose eux aussi :

Devant nous les beaux sommets chamoniards, tous aussi célèbres les uns que les autres, s’extirpent de la mer de nuage pour prendre la pause eux aussi. Quelle drôle de manie ! Vous reconnaitrez de gauche à droite : l’aiguille du Tour (3542m), le Chardonnet (3824m), l’aiguille Verte (4122m), les Droites (4000m), l’aiguille du Plan (3673m), l’aiguille du Midi (3842m) :

Aux termes de 3 bonnes heures de marche et 1400m de D+ depuis la gare d’arrivée du téléphérique de Bellevue, nous passons à proximité du refuge de Tête Rousse (3187m). C’est là aussi que nous croisons la brigade blanche. Blanche… comme neige ? Comme une colombe ? Que nenni, blanche comme la patte qu’il nous faut montrer pour espérer atteindre le refuge de Goûter :

Bien sûr, c’est en règle que nous poursuivons notre chemin en laissant derrière nous le refuge de Tête Rousse et ses quelques tentes récemment installées sur une plateforme en bois :

Le fameux couloir du Goûter a été franchi sans encombre. Même si les conditions pour sa traversée étaient optimales, entre autres grâce à cette petite couche de neige récente, nous n’avons pas eu le temps de lui tirer le portrait. Le couloir n’a pas voulu prendre la pause. A moins que ce ne soit nous ?

Ce n’est pas si grave, nous nous rattrapons quelques bonnes centaines de mètres plus loin :

L’ascension à l’aller et surtout la redescente au retour de l’aiguille du Goûter restent les moments les plus techniques de toute la course. Sur près de 500m de dénivelé, il faut crapahuter puis désescalader les rochers d’un vague éperon (petits pas d’escalade/désescalade très faciles). Quelques câbles, des marques de peinture et de nombreuses traces de passage indiquent le chemin à suivre. Il est fortement conseillé de ne pas trop s’en écarter.

Nos deux ascensionnistes ont confiance à en croire leur banane :

La petite couche de neige fraîche apporte un confort non négligeable. On apprécie :

Ce qui devait arriver arriva. Environ 2h30 après avoir dépassé le refuge de Tête Rousse, nous débouchons sur la terrasse de l’ancien refuge du Goûter puis au sommet de l’aiguille du Goûter :

La vue est encore plus spectaculaire sans commentaire :

Voici le nouveau refuge du Goûter dans lequel nous avons choisi de passer deux nuits, rien que ça ! C’est bon pour notre taux d’EPO mais pas seulement. A condition de n’être pas trop sensible à l’altitude, cette petite « stratégie » permet d’augmenter nos chances de fouler le sommet.

Ce refuge est sacrément bien fait :

Comme nous y passons deux nuits, nous avons eu le temps de profiter de deux couchers de soleil magnifiques :

La météo étant au beau fixe, nous commençons l’ascension qu’après agréable grasse matinée. Il est 8h30. Quel contraste presque appréciable avec les 2h30 / 3h00 habituels !

Vers 10h30, nous franchissons le large col entre le dôme du Goûter (4304m) et la pointe Bayeux (4258m) :

C’est ici qu’apparaît pour la première fois le sommet :

Nous nous laissons légèrement descendre au col du Dôme (4236m) avant de remonter à l’abri Vallot (4362m). Celui-ci est bien visible sur a photo, il s’agit des trois petites formes géométriques noires dans l’axe sous le sommet. La trace y mène :

Météo parfaite et repas du soir à 19h, deux paramètres qui nous incitent à profiter au maximum des lieux. Nous nous reposerons donc près de 45 minutes à Vallot. Ce temps de détente tombe à point nommé. En effet, le franchissement de la première bosse juste après Vallot est un des passages les plus physique.

Notre cordée avance sereinement à son rythme :

Au fil des bosses, le sommet se rapproche :

Sur fond de très jolie face Sud de l’aiguille de Bionnassay (4052m) :

Un peu moins de 2h après avoir quitté Vallot, nous voilà au sommet du Mont-Blanc à 4810m d’altitude. Quelle joie d’être là !

Comme nous avions commandé trois jours parfaits, c’est seuls que nous profiterons pendant près de 20 minutes du toit de l’Europe. Quelle chance !

Même s’il est vrai que nous avons particulièrement apprécié la chance d’avoir le sommet « pour nous », nous n’en restons pas moins des hommes. Le temps est donc venu de quitter le domaine des dieux pour retrouver le monde des hommes.

C’est le cœur gros rempli d’accomplissement et les yeux humides éblouis par tant de beauté que nous entamons la redescente en direction du refuge du Goûter :

Voilà ce qui pourrait bien être le récit de trois jours plus que parfaits. Un grand merci à nos deux docs de choc qui ont enfin réussi à concrétiser ce vieux et beau projet !

 

7 réflexions au sujet de “Mont-Blanc par l’aiguille et le dôme du Goûter”

  1. Impressionnant !! Quel belle ascension! Vous avez monté à un très bon rythme !!! A quelle heure avez vous atteint le Mont Blanc? Et pour la descente vers le refuge du goûter ?? Les conditions météo étaient vraiment idéales. Pourquoi avez vous quitté le refuge du goûter si tard! 8h30!! En général c’est au petit matin…
    Felicitations à vous et merci bcp de partager ces magniphiques photos!

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    • Bonjour et merci pour votre message.
      Nous avons atteint le sommet à 13h. Pour redescendre au refuge du Goûter, il nous a fallu environ 2h00 2h30.
      Nous avons quitté le refuge le matin vers 8h30 car la météo était très bonne et car nous redormions au refuge le soir.
      En espérant avoir bien répondu, à bientôt peut-être.
      Damien

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  2. Avez vous trouvé le couloir du goûter spécialement difficile. Je me suis arrêté à tête rousse impressionné par la vue du refuge du goûter depuis en bas

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  3. Quel beau plaisir de regarder les clichés de cette belle course réussite, j’en rêve depuis longtemps mon plus haut sommet le Pain de Sucre en Queyras, le Thabor,
    peut-être mon rêve se réalisera !
    Amitiés, Christian

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