Sainte-Victoire : Eperon de l’Ermitage (TD-, 6a, 250m)

Forts de l’ascension du grand parcours, nous nous lançons le lendemain dans l’escalade de l’éperon de l’ermitage.

Marc se découvre des talents cachés de cavalier. Il « califourchonne » avec effigrâcité (mélange de grâce et d’efficacité) le fil étroit de l’éperon de l’ermitage :

La marche d’approche est encore une fois très rapide, environ une vingtaine de minutes sur bon sentier (tracé rouge) depuis le parking Saint-Ser.

Nous loin du départ de la voie, nous visitons la charmante petite chapelle Saint-Ser construite dans le prolongement d’une grotte, autrefois abri d’un mystérieux ermite venu de Lyon. Le nom Ser vient du latin Servus qui signifie serviteur (de Dieu). La réputation de sainteté de cet ermite amenait vers lui de nombreux visiteurs ce qui portait ombrage au souverain qui régnait alors sur la Provence. Celui-ci décida de faire périr l’ermite un jour de l’an 484. Servus eut les oreilles tranchées avant d’être décapité…

… Plus tard, le gardien (visiblement ermite lui aussi) du tombeau de Saint-Ser avait pris pour habitude de soigner les sourds en introduisant dans leurs oreilles une branchette au préalable glissée dans le sarcophage du saint. C’est ainsi qu’il lui construisit la réputation de guérisseur d’oreille.

Quelques dizaines de mètres après la chapelle et une petite crapahute, nous nous positionnons avec hâte au départ de l’éperon de l’ermitage. Voici le tracé des trois premières longueurs permettant de franchir le bastion inférieur :

C’est parti !

Dans la première longueur (4c puis 6a), nous contournons la variante directe (6b) par la droite :

Marc aux prises avec la belle fissure en oblique à gauche caractérisant la fin de la première longueur :

Le départ de la seconde longueur présente un petit pas dalleux délicat et de surcroît en traversée à droite (4c puis 5c) :

La deuxième longueur vue du haut :

La compacité lézardée du mur dominant le second relai sonne comme un appel :

Pas fous les anciens (quoi que…), la troisième longueur contourne ce mur magnifique par un système de fissure à droite (6a non moins joli) :

A gauche, belle vue sur la face sud-est du bau des Vespres (1010m, projets futurs ?) :

Après la troisième longueur, une zone de transition « typée arête » permet de rejoindre le pied du crux, le splendide 6a de la quatrième longueur (second ressaut) :

Marc prend courageusement la tête :

Derrière ça suit, tout va bien :

Grâce à Marc, nous voilà déposés au pied de la fameuse quatrième longueur, waouh !

La longueur chemine beaucoup. L’itinéraire ne saute pas aux yeux depuis le bas. Heureusement, de nombreux bons pitons (hormis un ou deux) indiquent parfaitement le chemin à suivre :

La même longueur vue du haut et grimpée par Marc :

Après une nouvelle zone de transition…

… nous gravissons ce beau dièdre assez loin à gauche du fil de l’éperon (3ième ressaut, 4c) :

Ce troisième ressaut nous conduit sur le fil d’une arête très esthétique :

L’arête est entrecoupée de courts raidillons en excellent rocher pour le plus grand bonheur des grimpeurs que nous sommes :

Au bout de celle-ci, nous finissons par grimper « la tour ». D’abord vers le haut…

… Puis vers le bas. Marc au fameux passage de la selle (notez bien les deux prises de pied taillées, tâches blanches de part et d’autre de la corde) :

 

A partir de là le sommet n’est plus très loin (gradins et crapahutes). Il laisse apparaître plus à l’Est, le bau de l’Aigle et le pic des Mouches, respectivement 975m et 1011m :

Nous redescendons fissa, fissa sous l’orage par le tracé rouge. Arrivés au parking, le temps s’éclaircit et nous donne l’occasion de contempler une dernière fois l’éperon de l’ermitage :

Merci Marc pour ces deux jours de grimpe passés sur ce sommet si spécial. Excellent choix de plan B !

2 réflexions au sujet de “Sainte-Victoire : Eperon de l’Ermitage (TD-, 6a, 250m)”

  1. Merci Damien pour ces deux belles journées de découverte de ce vaste massif ! Site grandiose, voies géniales, conseils précieux pas tombés dans l’oreille d’un sourd !

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    • Merci Marc pour ce gentil message. Je suis très content que ça t’ait plu. Je note bien aussi que même sourd nous aurions eu une solution toute trouvée à la chapelle Saint-Ser, héhé
      À bientôt pour de nouvelles aventures !

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