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Escalade
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Écrit par Nicolas Féraud
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| | Maroc, escalade à Taghia
Du 16 au 24 mai avec Serge nous sommes allés grimper à Taghia dans l'atlas marocain. L'escalade n'est pas aussi dépaysante qu'en Jordanie mais cette destination a d'autres atouts : le calcaire rouge est très beau, les parois ont de l'ampleur et les berbères sont accueillants.
Le voyage avait pourtant mal commencé : réservations non confirmées par Royal Air Maroc, Serge qui oublie son passeport et nos bagages perdus à Marrakech. Ca fait beaucoup pour un début de séjour. Etonnament et grâce à des rebondissements assez incroyables, on se retrouve quand même à Taghia le lendemain soir de notre départ de France. D'autres copains guides sont présents pour un séjour de plusieurs semaines sur place. Nous démarrons par Belle et Berbère à la paroi des Sources. C'est joli mais on se doute bien qu'il y a mieux à faire ici. Cette voie a été ouverte par Piola et comme c'est un grand Monsieur de l'ouverture il a quand même réussi à faire un bel itinéraire.
L'Oujdad s'impose pendant la marche d'approche, le village est au pied de cette montagne, un peu à gauche.
Le mercredi, nous allons grimper Canyon Apache au Timrazine, c'est aussi une voie ouverte par Michel Piola. C'est une classique dans le niveau 6c.
Pas grand chose à dire de plus si une vipère n'avait pas squatté la dalle de l'avant avant dernière longueur. Déjà, j'aime pas tellement les serpents en France mais l'idée de me faire piquer à plusieurs heures de marche de Taghia me motive encore moins. 
Le lendemain, nous retournons à la paroi des Sources pour gravir la magnifique Zebda. Les cotations initiales du topo sont 7b+ 6a+ 6c+ 7b 7a 6c 6c+ 6b, nous proposerions plutôt 7b+ 6b 6c 7a 7a 6c+ 6b+ 6b.
L'escalade est magnifique, bien verticale voire un peu plus. Pour les 2 dernières longueurs un vent dépassant les 100km/h nous a bien secoué. A la descente, des fortes rafales, peut être 150km/h nous ont fait glissé sur le sol. Nous perdions réellement l'équilibre en marchant et nous nous sommes accroupis pour attendre que cela baisse un peu.
Le vendredi, nous prenons la direction du Taoujdad pour gravir la classique Au nom de la réforme. C'est très joli, les cotations sont assez douces et le rocher superbe. A la descente, un rappel sur un cade sec permet de retrouver la terre ferme. Peut-être que 2 goujons remplaceraient avantageusement cet arbre, notamment en raison de la fréquentation de ce sommet.
Le lendemain, le vent a baissé. Nous partons pour l'Oujdad et la célèbre voie Baraka. L'accès pédestre emprunte de nombreux passages berbères qui sont très astucieux.
Baraka passe sur le pilier Ouest de l'Oujdad. L'ensemble a de l'allure et mesure environ 700m de haut. Cet itinéraire a été ouvert par mon ami par Bernard Duterte et je suis heureux de grimper dans une de ses voies.
Je pense qu'il a pris un grand plaisir à ouvrir Baraka, en 2000, c'était l'une des premières voies modernes du secteur. Sauf erreur de jugement de notre part ou fatigue dûe aux précédentes journées, nous avons trouvé les cotations plus sévères que dans les autres voies.
La descente de l'Oujdad suit un cheminement de vires cairnées. Un rappel sur goujons conduit au pied d'une grotte où le rocher est superbe...

Le dernier jour, nous descendons sur Zaouiat. En rive droite, il y a une petite voie de 150m, l'Ane Sale. Nous la gravissons avant de rejoindre le village et de retrouver les voitures, le téléphone, la carte de crédit... ...toutes ces choses que j'avais délicieusement oublié le temps d'une semaine à Taghia.
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